J'aimerais...

_Chanter la Marseillaise la main sur le coeur
__Hurler dans un combat toute mon ardeur
___Me voir offrir un bouquet de fleurs
____Imposer mon kumi-kata
_____Faire un parfait uchi-mata
____Passer mes katas
___Obtenir ma ceinture noire
__Rester l'an prochain catégorie espoir
_Faire le V de la victoire
__Passer mon kimono
___Combattre dans mon dojo
__Resaluer Jigoro Kano
__Monter sur un podium
___Faire du judo comme un homme
__Effacer cette maudite blessure à la gomme
_Monter sur un tapis
__Sentir sous mes pieds le tatami
___Remercier mes ami(e)s
____Sentir mon coeur battre
_____Aller combattre
____Décider de ma vie comme au théâtre
___Etre parmis eux à nouveau
__Tout reprendre à zéro
_Juste faire du judo


J'aimerais...

# Posté le dimanche 25 novembre 2007 05:43

Un combat

Un combat
Pénétrer dans un dojo
Enfiler mon kimono
Saluer Jigoro Kano
Monter sur le tatami
Glisser sur le tapis
Sourire à la vie

Faire un randori
S'affronter et dire merci
Selon la valeur de la modestie
Fissurer la muraille
Chercher la faille
Tout cela sans faire mal

Tromper son adversaire
Enrouler son partenaire
S'envoler dans les airs
Tel un rossignol
Puis retomber au sol
Le judo est école

Senation d'inhibition
Trop plein d'émotions
Vivre cette rencontre à fond
Deux par deux
Yeux dans les yeux
Esprit à des lieues

Mains moites
Posture droite
Dans mon regard la volonté miroite
Mon coeur bat
Monter d'adrénaline en moi
Et je vais au combat

Peur ou non
Je lève le menton
Je veux mettre ippon
Et si ça ne marche pas
Je recommence la prochaine fois
Jusqu'à un jour ressortir gagnante de ce combat

Rester humble dans la défaite
Accepter l'échec de la perte
Car tout est dans la tête
Chutes à répétion
Echec et domination
Perpétuelle remise en question

Le tout est de vouloir
La victoire, l'envie l'espoir
De porter le noir
Il faut s'incliner toujours
Pour gagner un jour
Attendre le moment opportun, chacun son tour.

# Posté le dimanche 25 novembre 2007 05:26

Du manque, en manque, toujours du manque...

Du manque, en manque, toujours du manque...
Quand j'ai dit à mon prof que cet arrêt allait être dur, première chose qu'il m'a dite...

"Le judo, c'est un manque à vie."

Pire qu'une drogue dure
Pire que de l'alcool pur
Le judo, ce sport si beau
Oui, il te rend accro

Quand t'arrêtes
Tu te prends la tête
T'as du mal à t'endormir
Et même tout simplement à sourire

Le plus dur est de se raisonner
Pour accepter de tout stopper
Pour mieux continuer
Ou pour mieux recommencer...?

Courage moral
Et force mentale
Le judoka est un samouraï
Qui se relève quand il a mal

Un manque incessant
Un amour permanent
Quelque chose de rare et d'exceptionnel
Cette chose inexplicable et éternelle

Pourquoi un judoka
N'abandonnera pas?
Ca ne s'explique pas
Nous seuls comprenons cela

Je regarde des combats
Mon corps se réveille
Des réflexes interviennent
Lorsque je ne m'y attends pas

Le judo
C'est comme le vélo
Quand on teste
Ca reste

On l'a dans la peau, marque indélébile
Comme un tatouage invisible
On l'a dans le sang, virus qui contamine
Comme une maladie insoignable et positive

Le judo ça se sent
Le judo ça se ressent
Le judo ça s'envie
Le judo ça se vit

Mais jamais ça ne s'oublie...

# Posté le dimanche 11 novembre 2007 15:17

Des choses à dire

Des choses à dire
Le pole espoir.

Rêve de tous ceux qui veulent faire de la compétition.

Quand on passe les tests, on espère.
Q
uand on y rentre, on est heureux.
Quand on y est, on est fier.
Quand on s'y blesse, on en devient malheureux.

Dès le début de l'année, on se dit "ça va être trop bien, super ambiance, on est tous soudés".

Et oui, c'est bien, oui il y a une super ambiance, oui on est tous soudés.

Jusqu'à l'instant éphémère où tu chutes et où tu ne te relèves pas. Cette fraction de seconde où tu te blesses, et là, tu te mets à insulter le monde entier.

Il y a toujours de la rancoeur, de la rage, de la haine, des regrets, parce que personne ne veut endosser la responsabili de la blessure donc tout le monde rejette la faute sur les autres... mais au fond, on a beau chercher un bouc-émissaire, personne n'est innocent, c'est la faute à tout le monde. Le blessé, le blessant, les surveillants...
Il faut du temps pour apprendre à vivre avec la fatali mais on n'est bien obli de faire avec puisqu'on ne peut rien contre elle.

La chute qui ne pardonne pas... Lorsque je suis tombée, j'en ai voulu à mon partenaire de randori. Puis aux entraineurs, car c'était la 1ere fois qu'ils avaient une petite légère au pole et qu'ils n'en ont pas pris compte.
Et maintenant, je m'en veux plus à moi-me qu'aux autres. Parce que je n'ai pas su me gérer, parce que j'aurais du dire non, parce que j'aurais du faire plus attention, parce que j'aurais du lui rappeler que j'étaisre, parce que parce que parce que...

Au pole Auvergne, tu rigoles, tu bosses, tu pleures, tu perds, tu gagnes, tu tombes, tu souffres, mais tu reviens toujours parce que t'as la hargne.
Tu rencontres des personnes que tu aimeras de plus en plus et dont tu ne pourras plus te passer. C'est aussi pour ça que tu restes.


Le mois et demi de pole que j'ai fait a été génial, même si je ne suis plus sur le tapis, je suis à côté et je serais de nouveau en kimono près de vous tous l'année prochaine.

Parce qu'il faut du courage, et surtout... parce que je vous aime

# Posté le samedi 03 novembre 2007 06:02

M... Me... Mer... Merc... MERCI.

M... Me... Mer... Merc... MERCI.
Je voudrais juste remercier tout ceux qui me soutiennent même s'ils ne me connaissent pas, car c'est assez dur à vivre comme situation, même si là ça va un peu mieux.

Mais on me dit n'y pense plus, ne démoralise pas, le passé c'est le passé, il faut vivre le moment présent et penser au futur.
C'est bien joli à dire, mais je fais tout de même remarquer que ce passé est actuellement mon présent, que je vis avec ce souvenir et que c'est lui qui fera mon futur.
Parce qu'une blessure pareille, ça a des conséquences.


Comme ceux qui me disent "on ne s'arrête pas au premier obstacle", "la noire attendra un an et alors?", "le code moral il n'est pas constitué du courage par hasard?", "les vrais champions n'abandonnent jamais" etc...

Seulement on parle mais avez-vous déjà vécu une horreur pareille? Ceux qui répondront non ne pourront pas comprendre, ou alors à moitié.

Lorsqu'on fonde tous ses espoirs sur cette année, que l'on mise tout sur les tournois et compétitions d'une seule et même année, que l'on est motivé à en crever pour obtenir un rêve tant rêvé qu'il en devient accessible...

Lorsque tous les gens qui me soutiennent croient en moi et ont réussi à me faire croire en moi-même, qu'ils m'aient mis dans le crâne que j'avais toutes mes chances et que j'allais faire un résultat aux France malgré ma mauvaise saison précédente, que tout le monde me dit que j'ai atteint un super niveau et que je vais tout défoncer...
Lorsque j'ai enfin réussi à poser des bases, à entrer dans la structure à laquelle j'ai toujours voulu adhérer...
Lorsque j'ai enfin réussi à trouver et construire mon judo personnel, à placer mes spéciaux correctement en randori, à cesser de faire les grosses erreurs qui m'ont coûté des victoires l'année dernière, à améliorer mon kumi-kata et à imposer ma garde en combat...


Lorsqu'on fonde tous ses espoirs sur cette année, que l'on mise tout sur les tournois et compétitions d'une seule et même année, que l'on est motivé à en crever pour obtenir un rêve tant rêvé qu'il en devient accessible...
Et qu'en un instant tout vole en éclat...

Alors qu'on ne vienne pas me dire de ne pas démoraliser, de ne pas abandonner, parce que dans ces moments-là, la douleur est si intense, si profonde, si ancrée dans la peau, que plus rien n'a de sens.

"le code moral il n'est pa constituer du courage par hasar???"
=> Si il l'est, mais n'importe quel Homme qui aurait ressenti une émotion semblable à la mienne aurait perdu tout courage face à cela. J'ai vécu des blessures, des arrêts, des moments durs. Je susi allée puiser du courage au fond de moi pour les surmonter.
Une semaine avant les ligaments, on me disait que le judo était peut-être définitivement fini à cause de mon coude. Alors vivre deux épreuves aussi dures à la suite, excusez-moi mais sur le coup, c'était au-dessus de mes forces. Point. Courageuse ou non.


"moi je di on ne saraite pa o premier obstacle..."
=> Moi je dis que cet obstacle n'était pas le premier. Et qu'un obstacle pareil, ce n'est pas une petite barrière à enjamber. Pour une rupture des ligaments, c'est six mois. Moi je n'en ai plus, je dois subir une autogreffe. Certains ne se rendent pas compte. J'en aurais probablement pour plus de six mois, et en plus de ça, je suis hyperlaxe, ce qui me suivra toute la vie et qui favorise les blessures. Donc ce "premier obstacle" est en réalité un obstacle permanent. Il faudrait prendre conscience qu'il y obstcale et obstacle. Des bas et des hauts. En l'occurence, je ne suis pas face à une petite difficulté et pourtant je l'affronte. Tête baissée au départ, peut-être. Mais au moins je l'affronte. Et je trouve ma réaction normale face à l'épreuve que j'ai subit. L'article "Voilà", je l'ai posté le jeudi même où je suis rentrée chez moi. Le souvenir était tout frais. Ou brûlant plutôt. Alors me dire ça cinq jours après ma blessure, voilà quoi, je n'en dirais pas plus mais je n'en pense pas moins.

"la noir attendra un an et alor ?"
=> Comment ça un an? Comment ça et alors? Après deux mois d'arrêt, j'ai du mal à retrouver mes réflexes, alors après neuf mois, ce sera quoi??? Faut pas croire qu'en un an je pourrais marquer mes 93 points en compèt he ho!! Junior 1, un an d'arrêt!! Au département, personne en 48, aux régions, elles sont 3 ou 4 avec pratiquement trois ou peut-être quatre ans de pole!! Quant au "et alors"... Et alors ma noire j'en rêve depuis des années. L'année dernière, je m'étais battue pour marquer mes points, je n'en ai eu que sept. Et je le répète, j'ai tout misé sur cette année car en junior, la majorité des compétitrices en tournois et zones sont en pole france et en l'occurence, j'ai fait un mois et demi de pole espoir. Ce "et alors" m'a fait du mal, car pour moi la noire c'est pas un p'tit truc qui s'obtient facilement, comme ça, en claquant des doigts. On dit "et alors" d'un air "ça fait quoi si tu l'as pas cette année?". Bah ça me fait mal. Voilà.

"Les champions n'abandonnent jamais, quel champion n'est pas passé par là, etc..."
=> Des mots, des paroles... Les champions, y en a combien, sur ceux qui aspirent à le devenir? Depuis un an, la compèt, ça marche plus pour moi. Depuis un an, j'ai enchainé les blessure. Epanchements de synovie permanents, ématomes mal résorbés, péryostytes, entorses, blocages de dos, élongations... En un an, ça fait beaucoup. Et le coup de grâce. Et entre vice-championne de zone minime (ça ne vaut rien) redescendue à championne d'Auvergne cadette et champion de France et plus, il y a une marge. Les entrainements, faut les commencer en cadets, ou juniors, pour espérer avoir des résultats en seniors.


Je sais que ceux qui m'ont dit tout ça voulaient me remonter le moral et c'est très gentil à eux, mais voilà je n'aime pas les reproches (du moins j'en avais l'impression, ça a peut-être été mal interprété).

Ma réaction a put paraître excessive, mais je suis impulsive et entière. Je ne fais rien à moitié, moi c'est tout ou rien. Mentalité du randori. A fond, jusqu'au bout, ou on ne commence pas la technique. C'est pareil dans la vie. Ma façon de voir, de réagir, est comme ça, et tant pis pour ceux auxquels ça ne plaît pas. Ce que je mets ici est mon ressenti, mes pensées et je n'ai pas à être jugée.

/!\ Je ne vise personne, attention!! Je le dis juste comme ça en mise en garde!! /!\


Enfin bref, un grand MERCI à tous pour vos commentaires et votre soutient.

# Posté le jeudi 01 novembre 2007 05:41

Modifié le jeudi 01 novembre 2007 06:44